Aller au contenu
Accueil » Blog » Prêt pour le nomadisme numérique ?

Prêt pour le nomadisme numérique ?

J’ai découvert cette expression en lisant l’interview du PDG de Air B&B, Brian Chesky.
https://time.com/6174653/airbnb-ceo-brian-chesky-interview.

C’est un concept qui désigne les travailleurs qui choisissent d’opérer et de travailler indépendamment de leur lieu de travail. Concrètement, tu peux exercer ton métier à distance de la localisation géographique principale de ton employeur, et quand on parle de distance cela peut être dans un pays étranger.

Air B&B avait d’ailleurs lancé en 2021 un programme donnant la possibilité à quelques employés de télétravailler intégralement dans des logements proposés par la plateforme.

La fin du bureau tel que nous le connaissons ?

Dans son interview d’avril 2022 au journal Time, Brian Chesky annonce la fin du bureau tel que nous le connaissons. Dans un message du 28 avril 2022, adressé à l’ensemble des salariés de Air B&B, ceux-ci ont appris qu’ils ont désormais la possibilité de travailler et de vivre n’importe où dans le monde. Alors bien sûr, cette règle ne s’applique pas aux métiers non télétravaillés. Et plus encore des bureaux sont conservés pour ceux qui ne souhaitent pas télétravailler à 100%. C’est une remise en question totale de la nécessité de travailler à 100% en présentiel.

Mais est-ce que cette vision des modes de travail a traversé les frontières jusqu’en France?

Tandis que certains plébiscitent le télétravail et notamment la possibilité de s’organiser comme ils l’entendent et d’emmener du travail partout où ils veulent. Sans compter les économies sur les frais de déplacement. D’autres ont travaillé à domicile à la faveur de la crise sanitaire et ont découvert que ce n’était pas la panacée. Ne vous méprenez pas, je trouve que c’est formidable de pouvoir sortir du lit et de commencer à travailler sans avoir à se déplacer, pas de trajet en voiture ou de transports en commun. Mais il y a sans aucun doute des inconvénients à travailler à distance.

D’une part, cela peut être très isolant. Il est facile de commencer à te sentir comme si tu étais la seule personne au monde à ne pas être au bureau. Et lorsque tu as eu l’habitude de travailler dans un bureau, il peut être difficile de t’adapter à un environnement moins structuré. Il existe également des problèmes potentiels de communication et de collaboration lorsque tout le monde travaille à distance. Sans compter l’interruption de la vie perso (enfants, conjoints ou même parents!) dans les réunions en visio. Parce que c’est bien connu, si tu es à la maison, télétravailleur ou pas, tu es disponible pour la famille.

De plus, il y a la tentation constante de faire une « pause mentale » et de commencer à naviguer sur Internet ou à consulter les réseaux sociaux alors que tu es censé travailler. Si ce n’est pas les réseaux sociaux, c’est Netflix ou la sieste qu t’appelle.

Alors où en est le télétravail en France?

J’ai trouvé deux études intéressantes pour tenter de répondre à cette question.

Le switch vers le tout télétravail n’est pas enclenché en France

La première est une étude de l’INSEE parue en mars 2022. Cette étude met en avant qu’en 2021, en moyenne chaque semaine, 22 % des salariés ont été en télétravail. Parmi les salariés qui ont télétravaillé, 44 % l’étaient toute la semaine et 56 % une partie de la semaine seulement. L’étude souligne donc, à quel point le télétravail ne concerne pas tous les salariés et on tendance à l’oublier.

Jusqu’à 31 % des salariés ont été concernés par le télétravail en moyenne chaque semaine en avril. Avec l’amélioration de la situation sanitaire et la levée des obligations de télétravail, début juin 2021, la part des salariés qui ont télétravaillé a ensuite reculé, restant en deçà de 18 % entre juillet et novembre. La nouvelle aggravation de la situation sanitaire à la fin de l’année 2021 a conduit à un rebond du télétravail, qui a concerné 20 % des salariés en décembre, même si l’obligation de télétravail n’a pris effet qu’à partir de début janvier 2022.

Le switch vers le tout télétravail ne semble donc pas enclenché. Le présentiel reste la norme.

La majorité des télétravailleurs sont des cadres

Cette étude met également en avant le fait que la majorité des télétravailleurs sont des cadres. Les cadres représentent ainsi 60 % des télétravailleurs, contre seulement 22 % de l’ensemble des salariés ayant travaillé au moins une heure au cours de la semaine.

La volonté des salariés d’aller vers une entreprise hybride sur la question du télétravail

La seconde étude est le baromètre Télétravail et Organisations hybrides 2022 de Malakoff Humanis mets en avant notamment que 82% des salariés éligibles au télétravail souhaitent adopter un mode de travail hybride, et 63% des dirigeants pensent que ce mode de travail va continuer à se développer.

56% des salariés et 80% des dirigeants estiment cependant que l’organisation actuelle des entreprises est insuffisamment adaptée à cette forme de travail.

Les salariés souhaitent que les modes de travail au sein de leur entreprise évoluent vers un management davantage axé sur la confiance, l’encouragement, la prise d’initiatives, le droit à l’erreur… (pour 67% d’entre eux). Ils aimeraient par ailleurs plus de souplesse et de flexibilité en termes de gestion du temps de travail (64%).

De leur côté, les dirigeants se disent prêts à réorganiser les espaces de travail (80%) et à accorder une souplesse de rythme entre travail sur site et télétravail (72%). Leurs priorités pour une hybridation du travail réussie résident dans la communication auprès des salariés (49%), la mesure de la productivité (40%), la prévention des risques professionnels (34%), et l’accès aux outils numériques mobiles (33%).

Où l’on voit que les réponses des entreprises aux demandes des salariés ne sont pas tout à fait en adéquation.

Les managers restent divisés sur la question du télétravail

54% d’entre eux y étaient favorables en 2019. Fin 2021, ils ne sont plus que 48%.

43% des managers estiment que le travail à distance a complexifié leur posture de manager. Les principales difficultés rencontrées concernent la diminution des échanges informels (pour 37% d’entre eux), le maintien de la cohésion d’équipe (36%), et la gestion de la fragilité des collaborateurs (34%).

La moitié des managers pensent que le travail hybride va se développer et que les espaces de travail vont devenir de plus en plus flexibles.

En conclusion

En France on est encore loin du nomadisme numérique. Le travail en mode hybride semble être la solution qui se met en place pour les entreprises qui pratiquent le télétravail. Avec la nécessité pour les managers de s’adapter à cette nouvelle forme de travail.

9 commentaires sur “Prêt pour le nomadisme numérique ?”

  1. Bon et bien je suis la majorité! Je rêve de pouvoir faire plus de télétravail mais les dirigeants de ma boite n’en voit pas l’intérêt si ce n’est complexifier la gestion du personnel! Je rêve d’avoir un job où le nomadisme numérique soit mis à l’honneur!

    1. C’est certain le télétravail, même en mode hybride nécessite des ajustements de la gestion du personnel. Mais rien d’insurmontable. Et dans une logique gagnant-gagnant, il me semble que tout dirigeant devrait se poser des questions sur ce type d’organisation du travail. Si c’est la peur que ça ne fonctionne pas qui freine le développement du télétravail, pour quoi ne pas faire un test sur une catégorie de salariés pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. En fonction des résultats, il sera possible d’étendre à l’ensemble des salariés en gardant le meilleur de l’expérimentation. De plus, il ne faut pas oublier que de plus en plus le télétravail en mode hybride est un critère de sélection pour beaucoup de candidat. C’est un élément fort d’attractivité.

  2. A mon sens, le télétravail ne peut être que positif pour toutes les personnes qui (comme ça a été mon cas pendant 15 ans) ont 2 h à 3 h de temps de trajet par jour !! (Ce qui est souvent le cas en Ile de France… Quel calvaire !)
    Pour toutes les mamans en particulier qui doivent gérer les enfants le soir (avec le tic tac dans la tête et toute la charge mentale de ce qu’il faut faire après l’école), le temps de transport peut être une véritable épine dans le pied… pour pas beaucoup d’intérêt dans un certain nombre de métiers ! Quand on travaille sur écran toute la journée, et à moins qu’on soit au contact de clients sur place, on peut le faire aussi bien de chez soi que depuis un bureau.
    On trouve à l’inverse des bénéfices (comme j’en discutais avec la maman d’une copine d’école de mon fils le WE dernier) à travailler plus tard (y compris à être disponible pour des réunions) pour n’aller chercher son enfant à l’école qu’à la dernière minute… quitte à reprendre un peu son PC ensuite une fois l’enfant à la maison pour boucler 2 ou 3 choses !
    Pour la maman : beaucoup plus confortable, moins de sensation de tiraillement entre le travail et son rôle de maman (l’une des facettes de vie se sacrifiant pour laisser la place à l’autre… et inversement), moins de stress
    Pour l’entreprise : une collaboratrice moins fatiguée et donc plus efficace, et qui travaille finalement plus tard que si elle devait partir à 16h30.
    C’est donc gagnant-gagnant !
    Après, pour la une dynamique d’équipe, les informations informelles (et « accessoirement »le besoin d’avoir des relations de travail avec des collègues), avoir des temps de présentiel reste cependant important !
    A mon sens, la meilleure formule c’est donc le télétravail à temps partiel. 🙂

  3. je suis en full télétravail depuis presque deux ans et c’est le mieux pour moi. je ne voyage pas mais je suis libre de m’occuper de ma famille

  4. Je suis pour le télétravail !!! Je suis rédactrice web indépendante depuis 3 ans et j’ai justement choisi ce métier pour être libre de travailler tout en voyageant. Et puis, cela permet d’organiser son travail comme on veut. Pour les grandes entreprises, j’imagine que c’est plus compliqué à mettre en place, mais je pense que ça fait vraiment partie du bien-être au travail. Il faut apprendre à faire confiance à ses collaborateurs 🙂

  5. Adeline Valentin-Giquel

    Je pense que le monde tend vers le télétravail, mais il va falloir un certain temps à mon avis pour enclencher ce nouveau mode et puis cela peut ne pas convenir à tout le monde. Pour certains travailler à la maison n’est pas si simple, on peut manquer de « sociabilité » et il faut faire preuve d’autodiscipline.

  6. toutvousreussitsara

    Merci pour cet article. C’est sûr que le télétravail a de nombreux avantages et cela fait rêver de pouvoir travailler d’où l’on veut !

Laisser un commentaire

Coworking outside
%d blogueurs aiment cette page :